Festival photo La Gacilly 2025
Festival photo La Gacilly 2025 : requiem à La Gacilly
À peine les premières « images » géantes posées, le constat est brutal : ici, la photographie n’est plus qu’un prétexte.
Dessin numérique, bidouillages graphiques, délires d’IA, triturages photoshopés… On appelle ça « photo » pour la vitrine, mais c’est de la création numérique, du visuel, du faux. Pas de la photographie.
La photo, l’authentique, celle qui capte un instant du réel, qui exige un regard, une présence, une sincérité, est reléguée au rang de souvenir nostalgique.
À la place : des effets, du spectacle creux, du tape-à-l’œil sans âme, sans émotion brute, sans vérité.
Déjà fragilisée par une armée de “créateurs” qui confondent logiciel et talent, la photographie prend ici un coup fatal. À force d’artifices, on a vidé l’image de sa substance. On célèbre la technique, on oublie le regard.
Le festival de La Gacilly, qui portait encore l’étendard d’une photographie vivante, bascule dans l’illusion. Ce n’est pas une évolution. C’est une capitulation.
Triste époque où l’on expose la disparition même de ce que l’on prétend défendre.
Ce naufrage visuel trahit un complexe ancien : celui de n’avoir jamais accepté que la photographie soit un art en soi. Alors on trafique, on maquille, on triche. On s’invente des artifices pour ressembler aux autres arts. On efface le regard pour exhiber la technique.
À force de ne pas croire en elle-même, la photographie s’autodétruit.
La Gacilly 2025 sera la grande trahison de la photographie en signant son acte de décès.
